AUTRES LEGENDES DE LA MAIX

DESCRIPTION

Le Seigneur Brigand :

Au Moyen-Age, dit-on, on laissa pendant près de vingt ans les ronces et les taillis envahir les sentiers qui menaient à la chapelle de la Maix car nul n’osait plus s’y rendre, tant était grande la terreur qu’inspirait le seigneur de ce domaine.
Là où désormais s’étendent les eaux paisibles du lac s’élevaient à cette époque les tours élancées et arrogantes d’un château aux sinistres murailles de pierre noire, plus dures que l’acier et si froides que même le lierre refusait de pousser sur leurs flancs.
Le maître des lieux était craint dans toute la région, renommé pour sa cruauté sanguinaire et les supplices qu’il infligeait à ceux qui avaient le malheur de lui déplaire.
Dans sa jeunesse, pourtant, il avait été un chevalier vertueux. Courageux face à l’ennemi, généreux avec son peuple, beau comme un prince des légendes lorsque le vent venait danser dans ses cheveux couleur de feu. Lorsqu’il passait dans les villages on sortait des fermes et des chaumières pour le saluer et lui s’enquérait toujours de la santé et des préoccupations des uns et des autres, et venait en aide sans hésiter à ceux qui avaient besoin de lui.
Mais de ce jeune homme au sourire lumineux il ne restait plus rien, le Sire de la Maix n’était plus que ténèbres, silhouette sombre et menaçante arpentant les replis solitaires de la nuit. Car son coeur avait cessé de battre vraiment, il était mort en même temps qu’il poignardait une femme trop belle aux cheveux d’or....
Pour faire honneur à son nom et à ses ancêtres le Sire de la Maix, alors jeune écuyer, était parti courir l’aventure de l’autre côté du Rhin. Au pays des Niebelungen il avait mis son épée au service d’un noble seigneur dont la cause lui semblait juste, et lui avait juré fidélité. Hélas ! Ce seigneur avait une épouse volage, une jeune princesse aussi belle et trompeuse qu’une tempête au coeur de l’été. Elle trouva le Sire de la Maix à son goût, le charma, lui promit un amour éternel et en fit son amant. Le jeune homme, tout à sa passion, trahit son serment et serra dans ses bras l’épouse de celui qu’il aurait dû servir, rêvant de la ramener bientôt dans son pays avec lui....
Mais la châtelaine se lassa bientôt de celui qui n’était pour elle qu’un jouet et le rejeta. Elle le fit jeter dans un cachot pour qu’il y meure dans l’ombre et l’oubli, et s’offrit à un nouvel amant. Elle ignorait que le Sire de la Maix n’était pas homme à se laisser mourir ainsi. A force de ruse et de patience il s’évada et une nuit, il se glissa dans la chambre de sa maîtresse endormie. Envahi par le désespoir et la colère, il la poignarda avant de s’enfuir et de regagner ses terres.
Dès lors, pour oublier sa douleur, il s’enivra de massacres, chassant la moindre bête dans les profondeurs des bois, égorgeant les cerfs, éventrant les loups, jusqu’à ce que la forêt devienne un tombeau silencieux. Il s’entoura d’une bande de pillards, aventuriers fascinés par la brûlure de sa haine, et devint un tyran. Les habitants de son domaine tremblaient, terrifiés, lorsqu’il descendait dans les villages pour y assouvir sa rage. Les femmes s’enfuyaient à son approche, les enfants hurlaient dans la nuit lorsqu’il apparaissait dans leurs cauchemars.
Et vingt longues années passèrent, pendant lesquelles le sombre seigneur ravagea son domaine.
Un jour, le Sire de la Maix conçut le caprice de faire donner en sa demeure une fête grandiose. Il ordonna à ses soudards de lui apporter le plus riche des butins et de faire venir tous ceux qui, sur ses terres, étaient capables de jouer d’un instrument pour égayer son festin.
Le soir venu, debout sur la plus haute tour de son château, il vit venir jusqu’à lui la longue procession ricanante de ses serviteurs, poussant devant eux leurs prisonniers chargés du fruit de leurs pillages. Avec un sourire voluptueux et cruel, le Sire de la Maix les contempla jusqu’à ce que le vent rassemble de sombres nuages au-dessus de lui et que la pluie, finalement, le force à regagner l’intérieur de sa demeure.
Alors l’orgie commença. Entouré de ses complices qui s’enivraient de vin après s’être enivrés de sang, le Sire de la Maix exigea que les paysans lui jouent leurs plus beaux airs. Mais le chant des vielles et des flûtes qui s’éleva dans la nuit était d’une tristesse insondable, plein des échos du foyer dévasté, de la femme et des enfants réfugiés dans les bois, grelottants, des troupeaux volés, des récoltes piétinées.... Et la pluie frappait les vitres du château, et le vent sifflait dans les cimes des sapins.
Face à tant de douleur, porté par le chagrin des musiques des paysans, le Sire de la Maix se souvint. Il se rappela les moments heureux et l’amour oublié.... Il voulut hurler aux musiciens de s’arrêter, mais il n’en avait plus la force....
Soudain, la foudre frappa la forteresse, faisant trembler les murs, éteignant les torches d’un souffle plein de colère. Un grondement sauvage tonna dans le tourbillon obscur des nuages, les vents se rassemblèrent et se jetèrent à l’assaut des murailles comme des cavaliers furieux. Les épaisses portes de chêne du château volèrent en éclat et les pillards qui festoyaient, paralysés par la peur, virent des lynx et des sangliers aux yeux de flamme s’engouffrer dans la salle et se jeter sur eux, les déchirant de leurs défenses et de leurs griffes, laissant sur les murs tremblants de longues traînées de sang....
Le Sire de la Maix, les yeux voilés de larmes, restait immobile alors que sa cour était massacrée et que de larges fissures taillées par l’orage déchiquetaient son orgueilleuse forteresse.
Puis, alors qu’il restait seul survivant, le silence revint. Les nuages s’écartèrent, révélant la clarté opaline et sereine de la lune. Les rochers s’ouvrirent et, lentement, le château acheva de s’effondrer. Il sombra à jamais dans un gouffre béant que des eaux pures vinrent recouvrir, lac paisible reflétant les sapins et le scintillement des étoiles.
Parfois, dans le calme profond du soir, on peut entendre un chant d’une infinie tristesse monter des profondeur du lac, accompagné par la mélodie lointaine des vielles et des flûtes. C’est la complainte du Sire de la Maix qui pleure son âme blessée et son amour perdu.


Le Chasseur Maudit :

Entendez-vous l’orage gronder au-dessus de nous dans la nuit ? La pluie tombe sur le lac, la brume danse au-dessus de l’eau troublée et s’étire en fins lambeaux le long des sentiers. Tous les parfums de l’humus et de la terre gorgée d’eau s’élèvent et nous enivrent. Le vent hurle dans les arbres, et des silhouettes sombres tournoient dans le relief tourmenté des nuages.
Ce sont les cavaliers maudits de la Mesnie Hennequin qui accompagnent le Seigneur de la Haute-Pierre, condamné à pourchasser pour l’éternité un gibier qu’il n’attrapera jamais. Il part de Moyenmoûtier, dans le bruit infernal des cors qui grondent et les aboiements de ses chiens, et galope dans la forêt obscurcie par l’orage jusqu’à rencontrer sa proie, un cerf noir aux yeux flamboyants. Alors, avec un cri de défi et de rage, il s’élance derrière la bête et la poursuit. Il la traque sans jamais s’arrêter, du creux des vallées aux sommets des montagnes. Il oblige son cheval écumant à sauter par-dessus les ruisseaux furieux que la pluie fait cascader autour des rochers, à bondir de ravin en ravin. Il évite les arbres qui se dressent devant lui, écarte à coups d’épée les branches qui tendent leurs longues griffes pour le ralentir.
Le grand brocard noir arrive à la Maix, tourne autour du lac, narguant ses poursuivants impuissants, et se précipite dans l’eau avec un crépitement sinistre de métal en fusion. Les cavaliers hurlent de dépit et de colère, les sabots de leurs chevaux martèlent le sol comme pour le briser. Mais voilà que le cerf jaillit à nouveau, superbe, et entraîne la meute et les chasseurs derrière lui à travers les profondeurs de la forêt en une course folle, jusqu’à la Roche du Pilier où il disparaît, une fois de plus....
Alors le Seigneur de la Haute-Pierre, bredouille, retourne jusqu’à Moyenmoûtier, jusqu’aux ruines de ce château qui domina la vallée et dont il fut le maître, il y a bien longtemps. Les cavaliers qui l’accompagnent disparaissent, dissipés comme le brouillard à la clarté du matin. Et les ténèbres l’enveloppent, comme les bras d’une amante jalouse qui l’entraîne avec elle dans le néant. Ainsi en est-il depuis des siècles, ainsi en sera-t-il jusqu’à ce que le chasseur damné ait enfin accompli sa pénitence...

Le Banc de la Vierge :

C’est une roche ancienne, lentement polie par le ruissellement de la pluie et le manteau de la neige, siècle après siècle, et couronnée de mousse. Elle s’élève au flanc de la montagne au-dessus du lac, légèrement creusée, calice né de la terre pour recueillir les dons du ciel. Les sapins ont tissé un rideau verdoyant de branches autour d’elle, qu’ils écartent juste assez pour qu’elle puisse voir la beauté du lac et que l’or du jour vienne l’envelopper en même temps que les parfums de la forêt. S’y asseoir soigne, dit-on, de nombreuses maladies. Il n’est pas rare que l’on vienne vers elle de tous les villages environnants dans l’espoir d’une guérison.
Si on l’observe bien, on peut découvrir sur cette pierre une marque en forme de main. Une main délicate, fine, qui se serait posée avec tant de douceur que la roche se serait courbée pour mieux sentir sa caresse et en aurait gardé la trace, mystérieusement préservée de l’usure du temps.
A en croire les anciens du pays c’est une femme qui apposa sa marque sur la pierre, une femme si belle que les mots ne peuvent suffire à la décrire. Et les anciens ont raison.
Je sens sa présence comme un écho murmuré, comme je sens la texture millénaire de la pierre sous mes doigts, comme je sens la force féconde de la terre humide sous mes pieds et la branche de sapin qui me frôle et dépose sur mon front l’onction d’une goutte de rosée. Je porte à mes lèvres l’eau fraîche du ruisseau, et moi aussi je me souviens de ce que les sources ont connu.
Il me faudrait la harpe d’un barde et les mots d’un prophète pour dire ce que je vois. La brume qui enveloppe sa nudité et les fleurs qui s’ouvrent sous ses pas, les étoiles qui descendent dans la clairière pour danser avec elle et les loups rassemblés, le cerf magnifique qui la regarde et la verte couronne de ses bois, le saumon qui bondit près d’elle lorsqu’elle traverse la cascade, et le faucon qui tournoie dans le ciel.
Son sourire a la douceur et la fraîcheur d’un matin de printemps, son regard la vivacité joyeuse d’un ruisseau de montagne et la sérénité limpide d’un crépuscule flamboyant.
Elle vint, un jour, jusqu’au Lac de la Maix. Elle s’assit sur la roche, fatiguée peut-être de son voyage ou simplement désireuse de rester là, à se plonger dans la contemplation de ce lieu. Elle posa une main sur la pierre, et elle se mit à chanter.
Sa voix était le parfum des fleurs de mai, l’insouciance des jeunes feuilles qui s’étirent à la lumière, la pluie qui cascade entre les arbres pour nourrir la terre, la générosité paisible de l’humus qui tapisse la forêt.
J’entends encore cette mélodie mêlée aux reflets scintillants de l’eau du lac. Je sais qu’elle alla caresser les sommets où les plus vieux des sapins gardent l’écho du vent qui souffla dans leurs cimes pour l’accompagner. Elle se glissa dans les villages, sema des graines de joie dans les coeurs et fit jaillir des bouquets de rires flamboyants. Elle serpenta jusqu’à la fraîcheur humide des combes tapissées de menthe et de cresson, joua dans les fourrés avec les renardeaux et s’élança vers l’infini avec les jeunes oiseaux. Les bûcherons et les poètes qui vivent dans les bois l’entendirent mieux que tous les autres. Ils se rassemblèrent pour la rejoindre, dame du lac, de l’arbre et de la fontaine. Ils l’écoutaient, leurs yeux s’ouvraient à la beauté du monde, et leurs coeurs étaient bouleversés.

Qui était-elle, fleur de brume et de lumière ?
Peut-être la Vierge, venue visiter son sanctuaire et recueillir les âmes des enfants qui lui étaient confiées pour les conduire au Paradis. Peut-être une fée, fille et gardienne du lac et de la forêt. Ou une sage prêtresse des anciens dieux, amante d’un seigneur des esprits des bois et protectrice de Salm. Peut-être une Muse, déesse merveilleuse qui fait éclore l’enchantement là où ses pas la conduisent. Peut-être Artémis ou Athéna, ou bien Ceridwen, Morrigan ou Dana.
Nul ne le sait vraiment et peut-être, aussi, n’existe-t-il aucun mot ni aucun mythe qui puisse décrire la plénitude de son essence.
Mais sur une roche du pays de Salm, près du Lac de la Maix, la marque de sa main demeure, promesse et bénédiction.


Le Trou du Diable :

Passant, voyageur, pèlerin, prend garde si tes pas te conduisent près de ces roches qui s’ouvrent sur les profondeurs, bouche minérale obscène et avide.
Ce n’est pas là une grotte où se réfugier dans le sein de la terre féconde pour s’abriter de l’orage ou méditer comme le faisaient les druides. Ce n’est pas la cachette d’un trésor, ni la tombe oubliée d’un héros des âges anciens.
C’est une blessure qui jamais ne se referme dans le sein de la montagne, une plaie purulente qui suinte ses maléfices et dévore la clarté du jour. C’est l’entrée d’un labyrinthe d’ombres grimaçantes et de rires grinçants.
C’est la porte de l’Enfer ! C’est là que se terra le Diable lorsque le chant de la Dame brisa les derniers fragments de son violon maudit et le chassa. C’est là qu’il attend l’heure de son retour.
Et les arbres, patientes sentinelles, veillent à empêcher les hôtes difformes de l’abîme de se déverser dans la forêt et de ravager les esprits des hommes.


L'Homme de feu :

Le crépuscule embrase l’horizon, et les ombres qui naissent dans la profondeur de la forêt s’élèvent lentement jusqu’à recouvrir les sommets. Les sentiers s’estompent, à l’or fauve du soir succède la nuit bleue, semée de noir et frangée d’améthyste. Quelques étoiles scintillent, bientôt voilées par les nuages. Dans les ténèbres qui grandissent, seul le hululement d’une chouette vient troubler le silence. Le Lac est immobile, vaste miroir d’obsidienne au coeur de l’obscurité. Tout attend.
Nicolas s’est caché près de la rive, dissimulé derrière un rocher. Sans vouloir se l’avouer, il n’est plus aussi rassuré que tout à l’heure, en plein jour, ou hier soir lorsqu’il a parié avec ses amis qu’il passerait la nuit au bord du lac. Un défi un peu idiot, c’est sûr. Mais Madeleine était là, et il n’allait pas laisser passer une si belle occasion de lui montrer qu’il n’était pas comme ces peureux qui tremblent pour de simples histoires de vieilles femmes. Après tout, si les légendes étaient vraies on finirait par le savoir !
Alors Nicolas reste là, adossé contre son rocher, en rêvant au sourire et aux longues jambes de Madeleine.
Les ombres sont plus épaisses, maintenant, et les étoiles ont disparu. La forêt est pleine de craquements étranges, l’humidité froide de la nuit s’infiltre sous les vêtements de Nicolas et le fait frissonner. Il y a dans l’obscurité des formes noires qu’il peut à peine deviner et qui oscillent sans bruit au rythme du vent, silhouettes ondoyantes de danseurs silencieux.

C’est d’abord comme un crépitement, le bruit douloureux de l’herbe qui brûle, grésille et meurt. Un rougeoiement sombre qui déchire les ténèbres, une plaie fauve d’où s’écoulent des reflets de sang qui ricanent entre les ombres sur les pierres et les arbres.
Nicolas sent son coeur qui s’emballe, sa bouche se dessèche. Mais la curiosité est la plus forte. Il se redresse, ses jambes vacillent et tremblent mais il reste debout, ses mains moites posées sur la pierre pour se rassurer. Et il regarde.
Il croit d’abord à l’éclat d’ambre d’une torche qui s’avance, là bas, sur l’autre rive, à la lisière de la forêt. Il essaye de se rassurer, veut se convaincre que ses amis lui font une farce. Mais ce n’est pas une torche.
Ce qui vient vers le lac a la forme d’un homme mais n’a rien d’humain. Les branches se tordent à son approche, noircies, nouées, et s’écartent pour ne pas le toucher. Il est vêtu de flammes, il est une flamme, lumière et brûlure dans la nuit.
L’homme de feu s’arrête près de l’eau. Il tend la main, lance une longue ligne qui pulse comme une veine brasillante et brise la surface lisse du lac en la traversant.
Nicolas voudrait s’enfuir mais il est comme paralysé, fasciné par l’impossible apparition.
Un mouvement naît dans le lac, un poisson qui mord l’hameçon du pêcheur irréel. La ligne se tend, le poisson se débat, lutte pour sa vie, mais l’homme de feu le tire hors de l’eau, même dans l’air il continue à se battre, terrifié et furieux, prisonnier, condamné. Ses écailles noires luisent un instant, accrochant en étincelles écarlates les reflets des flammes, et la main embrasée du pêcheur se referme autour de lui et achève de l’étouffer.
Déjà la ligne repart, plonge, en quête d’une nouvelle proie.
Nicolas est au bord de la panique, glacé par sa propre sueur qui ruisselle. Il voudrait prier, mais les mots lui échappent. Sa main tremblante glisse sur la roche, il chancelle, se rattrape juste avant de tomber. Mais il a bougé.
Et quelque chose a pris conscience de sa présence.
Il voit dans ces flammes qui ont la forme d’un homme ce qui pourrait être un visage se tourner vers lui. Un masque de braises et de cendres, et des yeux qui croisent les siens, un regard qui lui déchire l’âme.
Alors Nicolas se met à hurler. Il s’enfuit, court à perdre haleine, sans savoir où il va. Des branches le griffent, il se cogne, il trébuche, tombe, se relève et continue à courir, jusqu’à l’épuisement. Lorsqu’il s’effondre enfin, il ne sait même pas où il est. Il se blottit entre les racines d’un arbre, haletant, gémissant, pleurant, et sombre dans le dédale d’un sommeil hanté de cauchemars.

Nicolas a finalement trouvé la force de rentrer chez lui. Il a retrouvé ses amis, il a retrouvé Madeleine. Mais il a changé. Quelque chose le ronge, une fièvre qui le consume et l’épuise, une flamme qui danse en lui et le fait hurler la nuit dans ses draps trempés de sueur. Les médecins l’examinent en hochant la tête, puis murmurent à ses parents des mots de réconfort et d’impuissance. Une guérisseuse d’un village voisin accepte de le voir, pose la main sur son front et la retire aussitôt comme si elle s’était brûlée. Un moine de Senones vient dire des prières, essaye de l’apaiser avec la douce fraîcheur de l’eau bénite, mais la fièvre ne part pas.
Et comme tant d’autres avant lui, courageux ou inconscients, Nicolas mourra un an après avoir croisé le regard de l’homme de feu.

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