HISTOIRE ANTIQUE

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Il y a très-grande apparence que tout ce païs-ci étoit inculte lorsque notre saint fondateur y arriva..."
Dom Calmet, Histoire de l'Abbaye de Senones, 1778.

Contrairement à ce que veut nous faire croire notre illustre Abbé, les moines n'ont pas été les premiers à mettre en valeur notre région. C'était pourtant une opinion fort répandue jusqu'au milieu du 20e siècle, mais les découvertes et études récentes révèlent au contraire les marques d'une présence humaine très active et d'une civilisation remarquable dès la période dite de Hallstatt (VIe siècle avant J.C.)

Les hommes du Néolithique final (vers 3000 ans av. J.C.) nous ont laissé en plusieurs endroits pointes de flèches, haches, grattoirs...mais ce sont les périodes celtique et gallo-romaine qui ont donné lieu aux découvertes les plus surprenantes au cours des récentes décennies.




Les carrières de meules de La Salle

Réalisées dans une roche très typée (la rhyolithe), facile à identifier, ces meules ont été produites pendant quasiment un millénaire (du VIe siècle avant J.C. au IVe siècle après J.C.), initialement sous le contrôle d'une aristocratie celte locale (les prédécesseurs des élites leuques). L'évolution de la forme des meules permet d'en étudier la diffusion dans tout l'est de la France, diffusion variable selon les époques et la situation politique. Un échantillonnage de meules de La Salle est visible au musée de Saint-Dié.




Les mines de fer



Ignorées pendant longtemps, les "minières" renseignent sur l'origine du minerai de fer à l'époque gauloise. Il s'agit le plus souvent de galeries effondrées en tout ou partie, qui suivaient à la trace les filons métallifères présents dans le grès vosgien. De nos jours, ces anciennes galeries effondrées se présentent sous la forme de tranchées parfois impressionnantes (à ne pas confondre bien entendu avec les ouvrages de la guerre de 14-18 !)




Les sites de hauteur

La présence d'une aristocratie celtique, soucieuse de protéger ses intérêts économiques, a contribué à la création de sites de hauteur fortifiés.


Les deux sites les plus anciens, le Chastel à Taintrux et Varrinchatel entre Etival et Saint-Benoît-la-Chipotte pourraient remonter à la période de Hallstatt (VIe s. avant J.C.), datation effectuée grâce à la découverte récente de tessons de céramique, dont certaines caractéristiques font penser effectivement à une occupation "aristocratique" du site.



Le "camp celtique" de la Bure

Le "camp celtique" de la Bure est le site antique le mieux étudié de la région et se caractérise par une durée d'occupation remarquable, allant de l'époque de l'indépendance gauloise jusqu'à la fin de l'Empire romain. Sur place subsistent les restes d'un murus gallicus (rempart gaulois) dont la méthode de construction est décrite par Jules César, un mur d'enceinte, des bassins, et la très belle stèle du forgeron, dont l'original se trouve au musée de Saint-Dié avec les divers objets trouvés lors des fouilles



La Pierre d' Appel
Promontoire rocheux spectaculaire au-dessus d'Etival, la Pierre d'Appel a été occupée pendant la période gauloise puis par intermittence à l'époque gallo-romaine. Le système défensif comporte un rempart précédé d'un fossé, plusieurs fois remanié; à l'intérieur de l'enceinte se trouvait une zone d'habitation et une zone funéraire, qui ont livré un intéressant matériel archéologique. Dominant la vallée et le point de franchissement de la Meurthe, le castellum de la Pierre d'Appel a, semble-t-il, fait l'objet d'affrontements violents au début de l'occupation romaine.





L'énigmatique "trésor" de Robache


Découvert en 1844, il a malheureusement été aussitôt dispersé, mais il a été possible de reconstituer sa composition par des enquêtes et des recoupements. On estime que ce dépôt enfoui approximativement vers -60 avant J.C. était composé de 2000 à 3000 pièces d'argent ("quinaires"), c'est-à-dire des monnaies gauloises, mais rattachées au système monétaire romain, la"zone du denier". A l'époque, ce trésor représentait une fortune considérable mais il est impossible de savoir pour quelle raison il a été constitué et enfoui. S'agissant d'une période troublée, un dépôt en vue du paiement de soldes de mercenaires est envisageable.





Le réseau routier antique


L'occupation humaine et l'activité économique intense ont généré dans l'Antiquité un réseau de voies de communication encore parfaitement identifiable dans le paysage contemporain.
Le pont antique d'Etival, daté de la fin du 1er siècle avant J.C. grâce au carbone 14 et à la dendrochronologie constitue un témoin précieux pour l'étude de la voirie gauloise et gallo-romaine. Destiné à recevoir un trafic important, il permettait à la voie venant de Langres de franchir la Meurthe et de poursuivre ensuite vers le Rhin par la voie appelée Voie des Sarmates. Certains ont attribué la construction de cette route à la VIIIe Légion, mais sans preuves formelles.
A la hauteur de l'actuel Rambervillers, cette voie venant de Langres se scindait en deux; l'autre branche se dirigeait vers Saint-Dié via le col du Haut-du-Bois et traversait la zone "industrielle" des carrières de meules de La Salle où elle prend de nos jours le nom de Void de Parupt.
Venant vraisemblablement des pays du sel (Marsal), et passant près du sanctuaire de Deneuvre dédié à Hercule, une voie ancienne remontait la vallée de la Meurthe jusqu'aux cols vosgiens. Sur cette voie se greffe aujourd'hui encore, au-dessus de Raon-l'Etape, le chemin des Bannes, qui permettait d'accéder au sanctuaire celtique du Donon.




..et Senones dans tout cela ?

Comme on le voit, notre région est loin d'être, comme on l'a prétendu fort longtemps, une terra incognita de l'archéologie. Mais il faut reconnaître que l'Antiquité n'a laissé aucune trace convaincante à Senones même ... Et pourtant le nom de Senones vient d'une peuplade gauloise, mais de manière fort tortueuse (Gondelbert, fondateur de l'Abbaye était paraît-il originaire de Sens, capitale des Gaulois senons...)
Tout au plus pourrait-on supposer une villa rustica gallo-romaine en bordure du plateau de la Forain, en raison d'une liaison assez caractéristique avec la voie des Sarmates...mais malheureusement les vestiges manquent désespérément.

Textes : Gérard Grau

Office de tourisme

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